Avertissement de sensibilité :
Mention de viol ; agression sexuelle ; nudité ; sexe ; gore ; sang ; violence ; sexisme ; homophobie
Je débouclai la ceinture d’où pendait mon fourreau et me déchaussai avant de la rejoindre sur le lit. L’essence de lavande m’entoura alors que Doria enfouissait son visage dans mon cou. Aussi proche d’elle, je notai une autre odeur ténue, mais stable. L’odeur de fer et de brûlé. Une odeur âcre de poudre à canon.
Nous nous couchâmes sur les draps rêches. Mon cœur battait dans mes oreilles. Ma proximité avec la gagneuse me tournait la tête. J’avais tout fait pour ne pas ployer face aux avances de la gagneuse, mais alors que j’étais dans ses bras, j’avais faim de son corps.
En bas, dans la taverne, un bruit de bois déplacé sur la pierre et de fracas retentirent, puis un tonnerre de rires s’éleva. Je ne les entendais pas. Toute mon attention était arrimée sur ce qui allait se passer ensuite. Doria était un puits de connaissance sur les ébats et moi, je n’avais qu’un maigre souvenir de la fois où j’avais touché la poitrine d’une amie.
Face à face, Doria s’empara de ma main et la descendit entre ses jambes. La poudre à canon supplanta la lavande. Sa moiteur brûlait comme un charbon rougeoyant ou comme le bois du bûcher. Était-ce une machination ? Cette… Chaleur n’était pas naturelle. Je résistai à l’envie de retirer ma main. De toute façon, Doria la maintenait fermement à m’en meurtrir les os. Mes doigts ne purent que rencontrer sa chaire en feu. Puis, mes yeux s’agrandirent de surprise.
– Au nom du grand malheur, qu’est-ce ? m’alarmai-je en sentant la difformité de Doria. Cette dernière me grimpa – ma main toujours durement coincée entre mon corps et son brasier difforme. Sa masse de tignasse rouge tomba sur son visage et l’occulta entièrement de mon regard. La gagneuse n’était plus qu’un corps de seins et de hanches, de ventre rond et d’entrejambe brûlant. Elle chaloupa son bassin contre ma main en gémissant. Il me semblait qu’elle gémissait. Pourtant, il n’y avait rien de désirable dans ce son. Il aurait pu s’apparenter à ce qui sourdait des maisons d’abattage.
Ma peur première se dissipa, j’arrêtai de me débattre contre sa poigne et l’observai onduler au-dessus de moi et contre moi. Son feu ne me brûlait pas. Il n’y avait aucune menace qui émanait de Doria. Simplement, une douleur profonde. Une douleur aussi grande qu’un puits sec et sans fond. Une douleur semblable à celle de l’enfantement d’une géniture morte. Une douleur que seule le corps d’une femme pouvait connaître.
J’essayais d’apercevoir ses traits derrières ses boucles, mais elles auraient été une tenture à la laine bien serrée que je n’aurais pas vu la différence. Doria aurait pu avoir un autre visage en dessous que je n’en aurais rien su. Mais, je sentais un besoin de l’apaiser. Alors, je me redressai et l’entourai de ma main libre. Je sentis son corps, brûlant comme l’acier sorti du four, se caler contre ma brigandine – J’aurais aimé ne pas avoir cette couche en plus pour que ma peau réconforte la sienne.
– Âme en peine, je m’entendis psalmodier. Je prie pour ta rédemption. Que la mère de toutes te repose sur ses seins et accueille ta douleur que jamais plus tu aies à souffrir.
C’était un verset d’un chant destiné à atténuer la douleur des femmes durant l’accouchement. Les mots s’étaient égrainés automatiquement ; ils m’avaient semblé juste face à la douleur de Doria, même si cette douleur n’avait que très peu à voir avec l’accouchement. On y imaginait pas que les femmes puissent souffrir d’autres choses, aussi, il n’y avait pas d’autres versets adéquats.
Face à mon psaume, la gagneuse s’arrêta comme exorcisée, elle relâcha ma main bloquée entre elle et moi et me retomba dessus, ses boucles rousses drapaient ma brigandine et le haut de son dos nu. Telle une poupée de verre fragile, je la reposai sur le côté et libérai ses joues de son rideau de cheveux qui reflétait la lueur tamisée de la lanterne. Malgré mes doutes, son visage était toujours le même. Elle avait les yeux ouverts et m’observait.
– Les hommes de mon pays m’ont mutilée, comme il est tradition pour une fillette qui devient femme. Chaque fois que je me baisse pour pisser, chaque fois que je baise, chaque fois que je me regarde, il me semble qu’ils sont à nouveau là avec leurs couteaux chauffés plongés entre mes jambes. Par leur faute, je ne suis plus qu’un trou. Et ça leur plaît ça. Ils aiment les femmes comme moi, comme ils aiment les vierges, chuchota-t-elle reprenant vie et hargne à chacun de ses mots.
Elle m’attira à elle avec cette force surprenante que je lui avais remarqué. Je me retrouvai à la chevaucher. Toute mon armure de cuir contrastait avec sa peau nue et sans défense.
– Tu t’habilles comme un homme, j’ai cru que ça te plairait également, me dit-elle dans une pointe de critique.
J’attrapai sa main qui empoignait le col de ma brigandine. Nos visages étaient proches.
– Je ne suis pas un homme. Je connais la douleur d’être femme. La douleur de ne jamais s’appartenir. La douleur d’être moindre. La douleur de n’être que femme. Je ne m’habille pas en homme pour être homme. Je m’habille en homme pour ne pas être femme.
– Pourtant, sans ton armure, tu n’es qu’une femme. Les hommes en bas s’en foutent de ce que tu portes. S’ils apprenaient que tu étais une femme, noble qui plus est, sans garde pour la protéger. Pas un seul n’y réfléchirait à deux fois avant de te violer.
Les mots de Doria me cinglèrent, elle m’aurait frappée de sa main ou de son poing, je n’aurais senti aucune différence. Tout ce qu’elle disait, je le savais pourtant. Je ne mentais pas à moi-même. Mon armure me facilitait la vie. Et j’aimais cette sensation de force et de sécurité que ces pans de cuirs et ce morceau d’acier à ma hanche, me conféraient. Mais sans tout ça, je restais femme… et il n’y aurait aucun mal à ça si les hommes étaient différents.
Ce problème tournait en rond et gâtait mon cœur. Plus d’un soir je m’étais retrouvée à prier pour que ceux qui faisaient souffrir les femmes changent. Mais autant demander à l’astre de nuit qu’il descende et emporte toutes les femmes dans un endroit meilleur. Ou peut-être la Déesse elle-même devrait descendre et faire pleuvoir sur eux un châtiment à la hauteur de leur cruauté. À commencer par le violeur de ma sœur.
Prise par mon ressentiment et ma réflexion, je m’étais égarée dans mon monde intérieur. Je ne retournai à moi seulement lorsque Doria me relâcha – ses traits tirés avaient cédé place à de l’acceptation ou de la compréhension. La gagneuse m’avait relâchée mais elle me gardait captive de son regard. Comparé à plus tôt, il n’y avait plus de colère, plus de douleur, plus d’appétit, plus même de lueur lascive. Ses deux ambres semblaient s’éclairer d’un intérêt honnête et sans arrière pensée.
– Quel est le nom que ta mère t’a donné ? me demanda-t-elle en levant une main pour caresser ma joue. Quelle étrange manière de me demander mon nom.
– Je m’appelle Rhézia de Zangorre, première fille du marquis de Zangorre.
– Grâce à la Déesse que tu ne sois pas un de ces hommes, Rhézia. Le mollusque de Gerh ne sera plus jamais dur, finit-elle dans un gloussement cruel.
Que lui avait-elle fait ? Je me gardai bien de m’en enquérir. Les humeurs de Doria changeaient comme Osuna dans le ciel et je voulais la garder dans des bonnes dispositions. Je me rappelai de sa promesse de me donner des informations sur ce qui était arrivé à ma sœur.
– Qui est le marin qui a violé ma sœur ? demandé-je à nouveau en espérant que la gagneuse en avait eu assez.
– Pas encore. Je ne suis toujours pas rassasiée. Passe la nuit avec moi, Rhézia et je te le révélerai, me promit-elle en m’attirant à elle.
Comme c’était le marché qu’on avait conclu et comme j’avais ma propre faim à assouvir, je me laissai aller contre elle une nouvelle fois – non sans un soupir lorsque ses lèvres se refermèrent contre les miennes – je perdis bientôt toute attache avec tout ce qui était extérieur à nous. Tout ce qui avait de l’importance était cette faim qui nous consumait toutes deux et nous rendait une. Doria m’offrit son corps tout entier. Pendant les heures qui suivirent, je lui fis honneur du haut de mon inexpérience. Portée par la lavande sans l’odeur de poudre à canon, je me remplissais d’elle, bouche contre bouche, une main enfouie en elle, l’autre me soutenait ou cherchait des endroits à caresser en fonction des réactions de la gagneuse. Le grand lit à baldaquin tressautait du mouvement de nos corps sur le plancher qui criait en rythme. Toute la chambre grondait, au dernier étage, j’avais l’impression que nous allions tout faire s’écrouler sur les marins qui décuvaient en bas.
Entre le bout de la nuit et le commencement du matin, la mèche de la lanterne se consuma toute entière jusqu’à ce qu’une seule étincelle vacillante subsiste au creux de la conque en bronze ajouré. Nous nous étions assoupies dans l’heure la plus noire avant les premiers rayons. Repues.
La gagneuse ne m’avait pas touchée une seule fois, sauf de sa bouche contre la mienne. Bien loin de me frustrer, j’avais cédé à la concupiscence en explorant son abondance de courbes qui appelait à la perdition. Puis, j’avais sombré dans un profond sommeil, rompu quelques heures plus tard par les craquements des lattes. L’autre côté de la couche était vide et froid. Doria n’était plus là. Était-ce elle qui revenait ainsi ?
Entravée par mon armure, je me retournai difficilement dans le lit sur l’étendue de la chambre voilée de ténèbres. C’était la percée du jour, mais le noir recouvrait l’espace boisée de la suite. À travers les volets fermés, une fine lumière bleutée mouchetait les surface métalliques dans la chambre : Les anneaux de suspension des voiles du lit ; les yeux de l’espadon au mur ; les renforts des coins de la table dans le petit salon ; le paravent ajouré qui menait à une bassine d’eau et un pot de chambre en laiton ; les clous sur le plancher ; la garde de mon sabre sur le sol, loin du lit ; le loquet de la porte grande ouverte… Une boucle de ceinture qu’on enlevait et des dents en or… Le tavernier était debout devant mon lit, sa pine à l’air ! Emmêlée comme je l’étais par les limbes du sommeil, je n’eus pas le temps de me redresser qu’il m’écrasait déjà de tout son poids. Il devait peser aussi lourd qu’un buffle ! La grande couche hurla sous son poids. Je suffoquais sous sa lourdeur et son odeur entre le poisson avarié et le tabac à chiqué. Mais je ne me laissais pas faire pour autant. Éveillée par le fureur et la peur, j’écrasai mon poing en marteau dans sa tempe en sueur. Il glissa plusieurs fois contre son front, mais je sentis ceux qui firent mouche.
– Tiens toi tranquille hommasse ! m’ordonna-t-il en me bloquant les poignets contre la tête de lit cependant qu’il usait d’un couteau de cuisine pour couper les lacets de ma brigandine.
– Je vais te passer l’envie de faire comme les hommes, Dieu m’en sois témoin.
Il trancha les lanières de cuir une à une, avec la patience d’un bourreau. Jusqu’à ce que la sécurité que m’offrait la brigandine par son ajustement disparaisse. Et alors qu’il essayât de me la retirer, j’en profitai pour le repousser d’un coup de poing dans son gros menton de marin. Il chancela sous l’impact. Je pus dégager mes jambes, mais il revint à l’assaut dans un grognement qui se perdit sous les plaintes du lit à baldaquin. Nous roulâmes entre les draps et les oreillers éventrés. L’âcreté de sa pestilence me tirant des larmes autant que l’étau de ses paumes contre mes poignets. Je me me cabrai. Me tordis à gauche, à droite, en haut, en bas, pour le renverser. Le bougre pesait bien son poids de tonneau plein. Et durant un éclair de lucidité, aiguisé par le péril, une pensée me frappa : Où diable était passée la gagneuse ? J’avais verrouillé la porte, l’avait-elle entrouverte pour Vieux Paul ?
Je lui avais confiance. Elle m’avait vendue.
Je hurlai ma rage. Je beuglai à m’en arracher la gorge et le ventre.
Le tavernier me plaqua son hachoir sous le menton.
– Ferme-là diablesse ou je t’égorge sur le champ ! grogna mon assaillant en enfonçant le fer sur ma trachée.
Je sentis mon sang poisser dans mon cou. Ça n’arrêta pas mon hurlement. Il redoubla même de fureur tandis que je plantai mes ongles dans la gorge de vieux Paul, inconsciente de ma propre douleur. Il aurait pu m’occire aussi sec. Seul le démon niché sur son épaule aurait pu savoir pourquoi il ne le fit pas. À la place, il eut une sorte de flottement dans toute cette violence. Nous nous tenions mutuellement. Lui tentai de me violer. Je tentai de me sauver. L’homme pesait sur moi tout le poids de sa perversité, une dextre contre mon haut-de-chausse, l’autre sur la poigne de son hachoir contre ma gorge. J’étais écrasée sous lui, à moitié étouffée par les draps et les plumes d’oreiller, l’autre moitié par le fer mal aiguisé qui entamait ma gorge à chacune de mes saccades. Toute ma force était employée à retenir cette lame qui s’enfonçait inéluctablement et à écraser la gorge de l’homme à travers ses poils drus. Je sentais sa peau se creuser. Mais le tavernier était un véritable monolithe, j’avais l’impression de gratter de la pierre. Je crus que je ne réussirai jamais à m’échapper.
Ma voix s’érailla d’avoir hurlé. Elle sonna étrangement à mes oreilles. Dissonante. Je compris que mon souffle m’échappait. Je suffoquais. Vieux Paul parut s’éloigner. J’eus l’impression de tenir du coton entre mes poings.
– Ma lance fera le travail du bon dieu avant que tu expies le reste de tes pêchers sur le bûcher ! dit-il de sa voix lointaine. Je le sentis vaguement tirer un bon coup contre mes bas qui me trahirent en glissant aisément maintenant qu’il n’y avait plus de lanières pour les maintenir.
Cependant que je me retenais à ma conscience comme je me serais tenue à une morceaux d’épave sur une mer tumultueuse, un son vibrant détonna. On aurait dit le choc du marteau contre l’enclume ou bien plus occulte encore : le glas de la mort.
Vieux Paul tomba sur le côté dans un séisme qui remonta jusqu’au plafond. Derrière sa silhouette échouée se tenait Doria, le pot de chambre en laiton, déformé, dans sa main. Les parois du pot avaient l’air épais. Pourtant, il était enfoncé comme l’aurait été de l’argile avant cuisson. Je me rappelais de la force de Doria quand nous étions dans le lit ensemble et n’eut aucune peine à croire que le tavernier devait maintenant marchander avec la mort.
– Cet étron plein de mouches n’est pas mort, fit Doria en laissant tomber le pot de chambre dans un tintement de bois et de métal.
Dans l’ombre de la chambre, le clair de lune illuminait sa silhouette. Elle s’était revêtue, pas de son bliaud rouge mais d’une chemise ajustée d’un corset en cuir ; de chausses en cuir d’où pendait un long couteau. Un capuchon attaché autour des ses épaules me convaincant qu’elle avait été prête à prendre congé de moi dans le noir de la nuit. Sans remplir sa part de notre entente. Ceux qui n’avaient pas de paroles étaient des moins que rien. Je fulminais.
Je me relevai de la couche qu’on avait partagé. Mon sang goutta de mon cou et s’infiltra dans ma tunique. Je me débarrassai du pourpoint qui ne tenait que par une seule de mes épaules. Mon haut-de-chausse était resté entre les draps. J’avais les jambes à l’air, seule la longueur de ma tunique protégeait ma modestie. Je repensais à ce que Doria m’avait dit plus tôt : en dessous de mon armure, je n’étais qu’une femme. Et en effet, à ce moment là, personne n’aurait pu dire le contraire.
La furie soulevait ma poitrine. Immobile et les poings serrés, je l’observai. Elle s’était saisie de Vieux Paul et l’avait traîné jusqu’à la table, comme s’il n’avait rien pesé. Ensuite, elle l’avait saucissonné d’une corde en n’hésitant pas à mettre un pied sur le gros tavernier pour serrer plus fort et l’avait relevé contre un pied de la table.
– Doria ! criai-je en n’y tenant plus. Qu’est ce qu’elle tramait encore ?
Je ne savais que faire de ma colère, je n’allais pas tuer la gagneuse, ni la frapper. On n’en venait pas au mains et au fer pour une entente brisée. D’autant plus qu’elle ne semblait pas du tout honteuse de ce qu’elle avait fait. Il aurait pu me violer ! J’aurais pu finir sur le bûcher ! Et ma sœur n’aurait pas été vengée pour autant. Je lui en criai autant.
– Mais rien de tout ça ne t’est arrivée et tu as retrouvé le violeur de ta sœur, dit-elle posément en pointant Vieux Paul de son doigt.
Vieux Paul était le violeur de ma sœur et de sa suite ?
J’allai me baisser pour récupérer mon sabre et le dégainai de son fourreau en bambou. En quelques pas, je me trouvai devant le tavernier qui commençait à se mouvoir. Je serrais la poignée dans mon poing. Je pouvais sentir les motifs s’imprimer dans ma paume. De mon regard, je perçai deux trous incandescents dans son crâne et descendit une longue traîné de haine jusqu’à sa pine à l’air. Il aurait été si facile de la sectionner, d’en farcir la bouche de Vieux Paul et de le regarder s’étrangler dessus tandis qu’il se vidait de son sang par son extrémité.
– Oui, vas-y laisse ta colère décider. Abreuve t’en et venge les femmes victimes de ce démon, murmura Doria dans mon oreille.
Quand s’était-elle rapprochée de moi ?
À nouveau, je sentais l’odeur de la poudre à canon imprégner l’espace autour d’elle. Je sentais son corps brûler dans mon dos. Je sentais sa propre colère couler en moi ; mouvoir mon bras de sabre et le lever au-dessus de ma tête. Il tremblait. Mon bras tremblait. Mon sabre était plus lourd qu’à l’accoutumée. Ma main moite.
– Qu’attends-tu ? Ta sœur et sa suite étaient les dernières mais certainement pas les premières. Les hommes morts ne violent pas.
C’était vrai.
Vieux Paul remua de plus belle, mon bras également.
Je serrai les dents. J’étais figée. J’avais décidé de venger ma sœur puisque la justice ne le ferait pas, mais devant son violeur, je me trouvais incapable d’aller plus loin. J’avais passé de nombreuses saisons à manier ce sabre de mon côté, mais…. Je n’avais jamais pris de vie. Je ne m’imaginais pas le faire de sang froid.
Doria eut un soupir et se saisit de ma main pour l’abaisser à mes côtés. Je ne compris pas. Que cherchait-elle ? Que voulait-elle ? Elle me susurrait de le tuer et de me venger pour ensuite m’arrêter.
– Tu n’es vraiment pas un homme. Aucun homme n’aurait résisté à l’appel de la vengeance, finit-elle par dire dans un ton d’où perçait son soulagement.
Cette femme était un mystère. Chacun de ses actes était entouré d’un voile de manigances. Je ne croyais plus qu’elle était une gagneuse. Mais qu’était-elle ?
– Je suis la réponse à tes nombreuses prières, annonça-t-elle comme si elle lisait dans mes pensées.
L’instant d’après deux choses se passèrent : Doria plaça ses lèvres sur les miennes et une explosion secoua les entrailles de la taverne.
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